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2026-08-23

John Stuart Mill : de l'état stationnaire

Pour citer ce texte : John Stuart Mill, Principes d'économie politique, tome second, livre quatrième, chapitre VI, éditions Guillaumin, Paris, 1854, pages 353-359, transcrites par Marc Baronnet, 23 août 2026.

CHAPITRE VI.

De l'état stationnaire.

§ 1. — L'état stationnaire est redouté par les écrivains.

Les chapitres précédents contiennent la théorie du progrès économique de la société dans le sens où on le comprend ordinairement, et qui consiste en un accroissement des capitaux, de la population et des arts de la production. Mais lorsqu'on étudie un mouvement progressif qui n'est pas naturellement infini, l'esprit n'est pas satisfait d'embrasser simplement les lois de ce mouvement ; il ne peut manquer de se poser la question : où tendons-nous ? A quel but définitif la société marche-t-elle avec ses progrès industriels ? Lorsque ces progrès cesseront, quelle sera la condition dans laquelle ils laisseront l'humanité ?

Les économistes n'ont pu manquer de voir plus ou moins distinctement que l'accroissement de la richesse n'est pas illimité ; qu'à la fin de ce qu'on appelle l'état progressif, se trouve l'état stationnaire ; que tous les progrès que fait la richesse ne servent qu'à l'ajourner, et que chaque pas qu'elle fait en avant nous en rapproche. Nous avons pu reconnaître que ce but est toujours assez rapproché pour que nous puissions l'apercevoir, que nous sommes toujours à la veille de l'atteindre, et que si nous n'y sommes pas arrivés depuis longtemps, c'est parce que le but lui-même fuit devant nous. Les pays les plus riches et les plus prospères arriveraient bientôt à l'état stationnaire, si les arts de la production cessaient de faire des progrès, et si les capitaux cessaient de déborder de ces pays dans les pays incultes ou mal cultivés des autres parties de la terre.

Cette impossibilité d’échapper après tout à l’état stationnaire, cette inévitable nécessité de voir le fleuve de l’industrie humaine aboutir en fin de tout à une mer stagnante, a dû présenter aux économistes des deux dernières générations une perspective désagréable et peu encourageante, car la tendance de leurs écrits est de placer dans l'état progressif, et dans l'état progressif seulement, tout ce qui est économiquement désirable. D'après M. Mac Culloch, par exemple, la prospérité ne consisterait pas en une production considérable et en une bonne distribution de la richesse, mais en un rapide accroissement de la richesse ; cet économiste mesure la prospérité au taux des profits et comme la tendance de l'accroissement de la richesse, qu'il appelle prospérité, est justement d'abaisser le taux des profits, le progrès économique doit, d'après lui, finir par détruire la prospérité. Adam Smith dit toujours que la condition de la masse du peuple, bien qu'elle ne soit pas précisément misérable dans l'état stationnaire, y est contenue et resserrée et ne peut être bonne que dans l'état progressif. La doctrine d'après laquelle, quelque loin que les efforts continus de l'humanité reculent sa destinée, les progrès de la société doivent « échouer sur des bas-fonds de misère » loin d'être, comme bien des gens se le figurent, une invention scélérate de Malthus, a été implicitement ou explicitement affirmée par ses plus illustres prédécesseurs et ne peut être combattue avec succès que par ses principes. Avant qu'on eût remarqué que le principe de la population règle le montant de la rémunération du travail, la population qui croissait était considérée comme une quantité fixe : on affirmait au moins que dans l'état naturel et normal des choses humaines, la population devait constamment augmenter, d'où il résultait qu'un accroissement perpétuel des moyens de subsistance était essentiel au bien-être de la masse de l'humanité. La publication de l'Essai de Malthus a marqué une ère à dater de laquelle on a mieux vu la question ; et malgré les erreurs constatées de la première édition, peu d'écrivains ont autant travaillé que Malthus lui-même dans ses éditions suivantes, pour propager des prévisions plus justes et plus consolantes.

Même lorsque la somme des capitaux s'accroît, dans les vieilles sociétés, il est nécessaire que les progrès de la population soient contenus par la prudence afin d'empêcher que ces progrès viennent à dépasser ceux des capitaux, la condition des classes qui forment la société ne devienne plus mauvaise. Lorsqu'il n'existe pas dans le peuple ou dans une grande partie du peuple une résistance énergique à l'abaissement de condition, une résolution de conserver le niveau d'aisance ordinaire, la condition de la classe la plus pauvre s'abaisse, même dans l'état progressif, jusqu'à la dernière limite de sa patience. La même détermination pourrait maintenir la condition des classes inférieures dans l'état stationnaire et on pourrait tout aussi bien l’y rencontrer que dans l'état progressif. En réalité, de notre temps, les pays dans lesquels le mouvement de la population est réglé par la plus grande prudence sont souvent ceux dans lesquels la somme des capitaux augmente le plus lentement. Lorsqu'on a la perspective d'un emploi illimité pour tous les bras qui peuvent se présenter, il faut s'attendre à voir moins de prudence. S'il était évident que personne ne trouvera d'emploi autrement qu'en déplaçant ou en remplaçant quelqu'un d'employé, les influences combinées de la prudence et de l'opinion publique pourraient, jusqu'à un certain point, réduire le nombre de la génération qui s'élève de manière à ce qu'il fût rigoureusement suffisant pour remplacer la génération qui s'en va.

§ 2. — L'état stationnaire n'est point redoutable par lui-même.

Aussi ne puis-je éprouver pour l'état stationnaire des capitaux et de la richesse cette aversion sincère qui se manifeste dans les écrits des économistes de la vieille école. Je suis porté à croire qu'en somme il serait bien préférable à notre condition actuelle. J'avoue que je ne suis pas enchanté de l'idéal de vie que nous présentent ceux qui croient que l'état normal de l'homme est de lutter sans fin pour se tirer d'affaire, que cette mêlée où l'on se foule aux pieds, où l'on se coudoie, où l'on s'écrase, où l'on se marche sur les talons et qui est le type de la société actuelle, soit la destinée la plus désirable pour l'humanité, au lieu d'être simplement une des phases désagréables du progrès industriel. Les états du Nord et du centre de l'Amérique sont un spécimen de cette période de civilisation dans les circonstances les plus favorables. En effet, ces pays se trouvent dégagés en apparence de toutes les injustices, de toutes les inégalités sociales qui gênent la partie masculine de la race caucasienne, tandis que la proportion dans laquelle se trouve la population, les capitaux et la terre assurent l'abondance à tout homme valide qui ne s’en rend pas indigne par sa mauvaise conduite. Ils ont les six articles réclamés par le chartisme et point de misère : et cependant, bien qu'il y ait des signes d'une tendance meilleure, le résultat de tant d'avantages, c'est que la vie de tout un sexe est employée à courir après les dollars, et la vie de l'autre à élever des chasseurs de dollars. Ce n'est pas une perfection sociale dont la réalisation puisse devenir le but des philanthropes à venir. Il est très-convenable que tant que richesse est puissance et que l'objet de l'ambition de chacun est de devenir aussi riche que possible, le chemin de la fortune soit également ouvert à tous, sans faveur ni partialité. Mais le meilleur état pour la nature humaine est celui dans lequel personne n'est riche, personne n'aspire à devenir plus riche et ne craint d'être renversé en arrière par les efforts que font les autres pour se précipiter en avant.

Que l'énergie de l'humanité soit appliquée à la conquête des richesses, comme elle était appliquée autrefois aux conquêtes de la guerre, en attendant que des esprits plus élevés donnent aux autres une éducation plus élevée, cela vaut mieux que si l'activité humaine se rouillait en quelque sorte et restait stagnante. Tant que les esprits sont grossiers, il leur faut des stimulants grossiers ; qu'ils les aient donc. Cependant ceux qui ne considèrent pas cette jeunesse du progrès humain comme un type définitif seront excusables peut-être de rester indifférents à une espèce de progrès économique dont se félicitent les politiques vulgaires ; au progrès de la production et de la somme des capitaux. Il importe pour le salut de son indépendance nationale qu'un pays ne reste pas sous ce rapport trop en arrière de ses voisins. Mais ces progrès ont en eux-mêmes peu d'importance tant que l'accroissement de la population ou toute autre cause empêche la masse du peuple d'en retirer aucun avantage. Je ne vois pas pourquoi il y aurait lieu de se féliciter de ce que des individus, déjà plus riches qu'il n'est besoin, doublent la faculté de consommer des choses qui ne leur procurent que peu ou point de plaisir, autrement que comme signe de richesse ; ou de ce qu'un plus grand nombre d'individus passent chaque année de la classe moyenne dans la classe riche ou de la classe des riches occupées dans celle des riches oisifs. C'est seulement dans les pays arriérés que l'accroissement de la production a encore quelque importance : dans ceux qui sont plus avancés, on a bien plus besoin d'une distribution meilleure dont la condition indispensable est une restriction du principe de la population. Des institutions égalitaires, justes ou injustes, peuvent seules atteindre le but ; elles pourraient abaisser les sommets de la société, mais elles ne sauraient en élever les vallées d'une manière durable.

D'autre part, nous pouvons supposer qu'on parvienne à cette meilleure distribution des richesses par l'effet combiné de la prudence et de la frugalité des individus et d'un système d'éducation favorable à l'égalité des fortunes, autant que cela est possible, sans attenter à la liberté que chacun a de disposer des fruits considérables ou médiocres de son travail. Nous pouvons supposer par exemple, comme nous l'avons indiqué (1) dans un précédent chapitre, qu'on limite la somme que chacun peut recevoir par succession ou donation à ce qui suffit pour favoriser un état d'indépendance modérée. Sous cette double influence, la société se distinguerait par les traits suivants : un corps nombreux et bien payé de travailleurs : peu de fortunes énormes, à part celles qui auraient été gagnées et accumulées durant la vie d'un homme, mais un bien plus grand nombre de personnes qu'on n'en compte aujourd'hui, non-seulement exemptes des travaux les plus rudes, mais jouissant d'assez de loisirs du corps et de l'âme pour cultiver librement les arts qui embellissent la vie (graces of life), et donner des exemples aux personnes moins bien placées pour cela. Cette condition de la société bien meilleure que celle d'aujourd'hui, est non-seulement compatible avec l'état stationnaire, mais elle semble plus facile à réaliser dans cet état que dans tout autre.

Sans doute, il y a place dans le monde et même dans les vieilles sociétés pour un grand accroissement de population, en supposant que les arts de la production continueront de faire des progrès, et que les accumulations continueront aussi. Mais lors même que cet accroissement de population ne serait pas nuisible, je ne vois guère, je l'avoue, de motifs de le désirer. Dans tous les pays les plus peuplés, on est parvenu à une densité de population suffisante pour permettre à l'humanité d'obtenir au plus haut point les avantages de l'action en commun et des relations sociales. Une population peut-être trop pressée, lors même que personne ne manquerait de pain, ni de vêtements. Il n'est pas bon pour l'homme d'être toujours et malgré lui en présence de ses semblables : un monde dans lequel il n'y aurait pas de solitude serait un pauvre idéal. La solitude, c'est-à-dire une certaine mesure d'isolement, est la condition nécessaire de toute profondeur de pensée et de caractère et la solitude en présence des beautés et de la grandeur de la nature est le berceau de pensées et d'aspirations qui sont non seulement bonnes pour l'individu, mais utiles à la société. Il n'y a pas grand plaisir à considérer un monde où il ne resterait rien de livré à l'activité spontanée de la nature, où tout rood de terre propre à produire des aliments pour l'homme serait mis en culture ; où tout désert fleuri, toute prairie naturelle seraient labourées, où tous les quadrupèdes et tous les oiseaux qui ne seraient pas apprivoisés pour l'usage de l'homme, seraient exterminés, comme des concurrents qui viennent lui disputer sa nourriture, où toute haie, tout arbre inutile seraient déracinés, où il resterait à peine une place où pût venir un buisson, ou une fleur sauvage, sans qu'on vînt aussitôt les arracher au nom des progrès de l'agriculture. Si la terre doit perdre une grande partie de l'agrément qu'elle doit à des objets que détruirait l'accroissement continu de la richesse et de la population et cela seulement pour nourrir une population plus considérable, mais qui ne serait ni meilleure, ni plus heureuse, j'espère sincèrement pour la postérité, qu'elle se contentera de l'état stationnaire longtemps avant d'y être forcée par la nécessité.

Il n'est pas nécessaire de faire observer que l'état stationnaire de la population et de la richesse n'implique pas l'immobilité du progrès humain. Il resterait autant d'espace que jamais pour toute sorte de culture morale et de progrès moraux et sociaux ; autant de place pour améliorer l'art de vivre et plus de probabilité de le voir amélioré lorsque les âmes cesseraient d'être remplies de l'art d'acquérir des richesses. Les arts industriels eux-mêmes pourraient être cultivés aussi sérieusement et avec autant de succès, avec cette seule différence, qu'au lieu de n'avoir d'autre but que l'acquisition de la richesse, les perfectionnements atteindraient leur but qui est la diminution du travail. Il est douteux que toutes les inventions mécaniques faites jusqu'à ce jour aient diminué la fatigue quotidienne d'un seul être humain. Elles ont permis à un plus grand nombre d'hommes de mener la même vie de réclusion et de travaux pénibles et à un plus grand nombre de manufacturiers et autres de faire de grandes fortunes : elles ont augmenté l'aisance des classes moyennes ; mais elles n'ont pas encore commencé à opérer dans la destinée de l'humanité les grands changements qu'il est dans leur nature de réaliser. Ce ne sera que quand, avec de bonnes institutions, l'humanité sera guidée par une judicieuse prévoyance, que les conquêtes faites sur les forces de la nature par l'intelligence et l'énergie des explorateurs scientifiques deviendront la propriété commune de l'espèce et un moyen d'améliorer et d'élever le sort de tous.

1. Tome Ier, livre II, ch. 2, 5-4.

Source : édition Guillaumin, 1854 : https://archive.org/details/bub_gb_YDMTr90vhncC/page/353/mode/2up 

Version originale en anglais : https://en.wikisource.org/wiki/Principles_of_Political_Economy_(J.S._Mill,_1871),_vol._2/Book_IV,_Chapter_VI 

2024-11-08

Comment redynamiser l'économie de la métropole du Grand Nancy ? La réponse de ChatGPT

 Redynamiser l'économie de la métropole du Grand Nancy nécessite une approche multifacette, intégrant l'innovation, la diversification des secteurs économiques, l'amélioration de l'attractivité et la coopération entre les acteurs publics et privés. Voici plusieurs pistes à envisager pour dynamiser cette région :

### 1. **Favoriser l’innovation et la recherche**

   - **Renforcer les pôles de compétitivité** : Le Grand Nancy dispose d’un environnement favorable à l’innovation, notamment grâce à des institutions comme l’Université de Lorraine et le CNRS. Il serait pertinent de renforcer les liens entre ces acteurs académiques et le secteur privé, en particulier dans les domaines des technologies, de la santé, et de l’environnement.

   - **Soutenir les start-ups et les PME** : Mettre en place des aides à l’innovation, des incubateurs et des espaces de coworking pour favoriser la création d’entreprises et la croissance des jeunes entreprises innovantes.

### 2. **Diversification économique**

   - **Développement des industries durables** : La transition énergétique est un levier puissant. Le Grand Nancy peut se positionner comme un acteur clé dans la production d’énergies renouvelables, la mobilité verte ou encore la gestion durable des ressources.

   - **Valorisation des secteurs traditionnels** : Certaines industries locales, comme la métallurgie, la chimie ou la céramique, peuvent bénéficier de modernisation et d'une plus grande compétitivité par l'innovation technologique, la digitalisation et la formation continue des salariés.

### 3. **Attractivité du territoire**

   - **Renforcer l’offre en matière de logement et d’infrastructures** : Un cadre de vie agréable et une meilleure accessibilité sont cruciaux pour attirer à la fois des entreprises et des talents. Il est donc essentiel de développer des projets immobiliers modernes, tout en réhabilitant certains quartiers.

   - **Promouvoir le tourisme** : Avec son patrimoine historique, sa scène culturelle et ses nombreux espaces verts, le Grand Nancy pourrait se concentrer sur le développement du tourisme culturel et d’affaires, en améliorant ses infrastructures et en créant des événements réguliers pour attirer visiteurs et congressistes.

### 4. **Mise en réseau et partenariats**

   - **Renforcer la collaboration public-privé** : La mise en place de partenariats solides entre les autorités locales, les entreprises et les institutions de recherche est fondamentale pour réussir une dynamique économique. Cela pourrait se traduire par des projets conjoints, des événements de networking et des clusters d'entreprises.

   - **Soutenir l’internationalisation des entreprises** : Il serait également pertinent de créer des réseaux d’entreprises pour les aider à s’ouvrir à l’international, notamment en Asie et en Europe centrale, où les opportunités de développement sont croissantes.

### 5. **Formation et emploi**

   - **Accompagnement des transitions professionnelles** : Dans un contexte de changement rapide (technologique, environnemental), l’accent doit être mis sur la formation continue et l’adaptation des compétences. Des formations spécifiques dans les secteurs porteurs comme le numérique, la transition énergétique et les métiers de la santé pourraient aider à répondre à la demande de main-d'œuvre qualifiée.

   - **Créer des synergies entre l’enseignement supérieur et le marché de l’emploi** : Il est important d’établir une véritable concertation avec les entreprises locales pour mieux répondre à leurs besoins en termes de compétences, en particulier dans les secteurs où le Grand Nancy a un potentiel de développement.

### 6. **Infrastructures de transport**

   - **Améliorer la mobilité** : La mise en place de transports en commun efficaces et écologiques, ainsi que des infrastructures facilitant la mobilité interrégionale (TGV, autoroutes, transports urbains) sont des éléments essentiels pour attirer à la fois les investisseurs et les talents.

   - **Développement des infrastructures numériques** : Le Grand Nancy pourrait également investir dans l’infrastructure numérique (5G, fibre optique) pour attirer des entreprises tech et des start-ups.

En résumé, redynamiser l’économie du Grand Nancy requiert une approche ambitieuse et collaborative, s’appuyant sur l’innovation, la diversification sectorielle, la compétitivité, l’attractivité du territoire et la formation des talents. En développant des partenariats solides et en soutenant les secteurs clés, la métropole pourrait se repositionner comme un pôle économique dynamique et compétitif.

2019-11-23

Amazon ou les machines

Exercice : remplacez « les machines » par Amazon, la vapeur, l'électricité, l'informatique, les robots, le progrès, l'innovation... dans le raisonnement suivant. Le problème n'est pas Amazon, c'est qu'Amazon ne soit pas français. Qu'Amazon ne pouvait pas être français.


« — Ce qui tue le travail, Monsieur, ne sont-ce pas les machines ? Elles se substituent aux bras ; elles sont cause que la production surabonde et que l’humanité en est réduite à ne pouvoir plus consommer ce qu’elle produit.
— Monsieur, permettez-moi de vous inviter à m’accompagner dans l’île du Désespoir... Voilà Robinson qui a bien de la peine à se procurer de la nourriture. Il chasse et pêche tout le long du jour ; pas un moment ne lui reste pour réparer ses vêtements et se bâtir une cabane. — Mais que fait-il maintenant ? Il rassemble des bouts de ficelle et en fait un filet qu’il place au travers d’un large ruisseau. Le poisson s’y prend de lui-même, et Robinson n’a plus qu’à donner quelques heures par jour à la tâche de se pourvoir d’aliments. Désormais il peut s’occuper de se vêtir et de se loger.
— Que concluez-vous de là ? 
— Qu’une machine ne tue pas le travail, mais le laisse disponible, ce qui est bien différent ; car un travail tué, comme lorsque l’on coupe le bras à un homme, est une perte, et un travail rendu disponible, comme si l’on nous gratifiait d’un troisième bras, est un profit.
— En est-il de même dans la société ?
— Sans doute, si vous admettez que les besoins d’une société, comme ceux d’un homme, sont indéfinis.
— Et s’ils n’étaient pas indéfinis ? 
— En ce cas, le profit se traduirait en loisirs.
— Cependant vous ne pouvez pas nier que, dans l’état social, une nouvelle machine ne laisse des bras sans ouvrage. 
— Momentanément certains bras, j’en conviens ; mais l’ensemble du travail, je le nie. Ce qui produit l’illusion, c’est ceci : on omet de voir que la machine ne peut mettre une certaine quantité de travail en disponibilité, sans mettre aussi en disponibilité une quantité correspondante de rémunération.
— Comment cela ? 
— Supposez que Robinson, au lieu d’être seul, vive au sein d’une société et vende le poisson, au lieu de le manger. Si, ayant inventé le filet, il continue à vendre le poisson au même prix, chacun, excepté lui, aura pour s’en procurer à faire le même travail qu’auparavant. S’il le vend à meilleur marché, tous les acheteurs réaliseront une épargne qui ira provoquer et rémunérer du travail. »

Source: Wikisource.

2018-12-01

Litecoin #PayWithLitecoin

Litecoin est le petit frère du Bitcoin : c'est une monnaie électronique distribuée, sous licence libre. Il existe depuis 2011. Le protocole informatique est similaire à Bitcoin, mais il y a 4 x plus de jetons (84 millions au maximum, chacun étant divisible en cent-millionièmes), et les transactions sont 4 x plus fréquentes (un bloc est généré toutes les 150 secondes en moyenne), ce qui permet de traiter davantage d'opérations pour beaucoup moins cher. La plupart des améliorations du Bitcoin sont expérimentées d'abord sur Litecoin.

Comment utiliser Litecoin :

1. Installer un portefeuille (wallet) sur votre smartphone. Recommandé : Loafwallet.org
C'est la seule étape vraiment indispensable : une fois cette app installée, vous êtes prêt(e) à échanger des litecoins. Vous pouvez en acheter et en vendre. Vous pouvez aussi stocker vos litecoins dans un coffre-fort numérique installé sur une clef physique, comme Ledger.

2. Acheter des litecoins. Recommandé : Kraken.com
Vous pouvez obtenir des litecoins en allant sur un marché où l'on vend ou achète des litecoins, à des cours qui fluctuent en fonction de l'offre et de la demande, ou en vendant des biens et services en Litecoin.

3. Sécuriser le réseau. Recommandé : Litecoin.org
C'est facultatif, mais vous pouvez contribuer à la sécurisation du réseau pair-à-pair Litecoin en installant le client officiel de Litecoin sur votre ordinateur : il conservera un registre complet des transactions en litecoin, rendant plus difficile toute tentative d'atteinte malveillante au réseau.

4. S'informer. Recommandé : Bitinfocharts, Blockfolio, Coinmarketcap, Cointelegraph, Journal du coin, Satoshilite.

Caveat emptor : Avec Litecoin, vous êtes votre propre banquier, libre et responsable de vos actes. C'est une monnaie totalement décentralisée, open source, sans autorité centrale : vous êtes seul responsable, notamment de son emploi et de son stockage. À utiliser avec précaution, à vos risques et périls. Ne dépassez jamais 5% de votre patrimoine financier en Litecoin, car vous êtes exposé au risque de tout perdre, en cas de chute des cours ou de faille informatique. Utilisez toujours des mots de passe forts. Recommandé : Dashlane.com

2014-04-30

Lectures d'avril 2014

  • José Piñera : Pour un système de retraite qui marche ! La réforme chilienne. Sans doute le livre le plus important du moment sur l'avenir de notre système de retraite : le modèle français de l'assurance vieillesse n'est ni le seul, ni le meilleur. Ce livre rapide à lire (20 pages) propose des pistes sérieuses, déjà mises en place dans de nombreux pays, pour sauver nos retraites de la banqueroute, au bénéfice tant des retraités que de la population en âge de travailler.
  • Takahiro Kurashima : Poemotion 1. Entre illusions d'optique et art cinétique.
  • Cédric Parren : Le silence de la loi. Un pamphlet qui dénonce, comme en 1991 le Conseil d'État dans son rapport public, la « logorrhée législative et réglementaire » et l'instabilité « incessante et parfois sans cause » des normes.

2013-07-23

Louer une voiture à son voisin à Nancy, c'est possible


Transports en Lorraine :

Louer une voiture à son voisin à Nancy, c'est possible, avec un service tel que Getaround.
En outre, la coopérative d'autopartage Citiz s'est installée en Lorraine.
Enfin, les VTC LeCab sont arrivés en Lorraine en 2016, et Uber est à Nancy depuis mars 2019. S'y ajoute le service local VTCity

- Trains en direct : Tchoo Grand Est -
- pour le retour du train à Gérardmer (Vosges) - 

Lien : article du Monde - Hôtels - Restaurants - Tourisme - TripAdvisor

(màj 2024-09-09) 


2012-03-12

Ray Dalio, gérant du fonds Bridgewater


(source)
Une analyse de la conjoncture économique par Ray Dalio, fondateur de la société de gestion Bridgewater Associates, en octobre 2011. Son modèle du fonctionnement de l'économie est expliqué en 20 pages dans A template for understanding (.pdf).

2011-04-18

Être propriétaire ou locataire ? Locataire

Être propriétaire ou locataire ? Locataire, tant que les courbes ne s'inversent pas...

2011-04-03

Prix libres et prix administrés

Source : The Freeman :
"Permission is hereby granted to anyone to reprint any article in whole or in part,
providing customary credit is given". Traduction M&YB.

2011-03-22

L'histoire du crayon


Moi, crayon
par Leonard E. Read
(décembre 1958)
Je suis un crayon à papier – le crayon de bois ordinaire familier à tous les garçons et filles et adultes qui savent lire et écrire1.
Écrire est ma vocation et ma distraction ; c'est tout ce que je fais.
Vous pouvez vous demander pourquoi je devrais écrire une généalogie. Eh bien, pour commencer, mon histoire est intéressante. Et, ensuite, je suis un mystère – plus qu'un arbre ou un coucher de soleil ou même un éclair fulgurant. Mais, malheureusement, je suis considéré comme une évidence par ceux qui m'utilisent, comme si j'étais un simple fait divers ou sans passé. Cette attitude méprisante me relègue au niveau du lieu commun. Ceci est un aspect de la grave erreur dans laquelle l'humanité ne peut persister trop longtemps sans péril. Car, comme un homme sage l'a observé, « Nous périssons par manque d'émerveillement, non par manque de merveilles »2.
Moi, crayon, aussi simple que je paraisse, mérite votre émerveillement et votre crainte, une prétention que je vais tenter de justifier. En fait, si vous pouvez me comprendre – non, c'est trop demander à quiconque – si vous pouvez devenir conscient du miracle que je symbolise, vous pouvez aider à sauver la liberté que l'humanité est hélas en train de perdre. J'ai une leçon profonde à donner. Et je peux enseigner cette leçon mieux que ne le peut une voiture ou un avion ou un lave-vaisselle parce que – eh bien, parce que je suis si simple en apparence.
Simple ? Pourtant, pas une seule personne sur la face de cette terre ne sait comment me fabriquer. Cela semble incroyable, non ? En particulier quand on se rend compte qu'il y a environ un milliard et demi de mes semblables qui sont produits chaque année aux États-Unis.
Prenez-moi et regardez-moi. Que voyez-vous ? Rien de remarquable – il y a du bois, de la laque, une étiquette imprimée, une mine de graphite, un peu de métal, et une gomme.
De même que vous ne pouvez pas remonter votre arbre généalogique très loin, de même il m'est impossible de nommer et d'expliquer tous mes ascendants. Mais je voudrais vous en dire assez pour vous donner une idée de la richesse et de la complexité de mes origines.
Mon arbre généalogique démarre avec ce qui est en fait un arbre, un cèdre aux veines droites qui grandit en Californie du Nord et en Oregon. Maintenant imaginez toutes les scies et les camions et la corde et les innombrables autres équipements utilisés pour récolter et transporter les grumes de cèdre jusqu'au bord des chemins de fer. Pensez à toutes les personnes et aux talents innombrables qui sont entrés dans leur fabrication : l'extraction du minerai, la production de l'acier et son raffinement en scies, en haches, en moteurs ; la culture du chanvre et son travail par toutes les étapes jusqu'à la corde lourde et solide ; les camps de bûcherons avec leurs lits et leurs cantines, la cuisine et la culture de toute la nourriture. Oui, des milliers de personnes oubliées ont contribué à chaque tasse de café que les bûcherons boivent !
Les grumes sont envoyées à une scierie à San Leandro, en Californie. Pouvez-vous imaginer les individus qui fabriquent les wagons et les rails et les locomotives et qui construisent et installent les systèmes de communication qui vont avec ? Ces légions font partie de mes ascendants.
Considérez la scierie de San Leandro. Les grumes de cèdre sont coupées en petits tasseaux de la longueur d'un crayon et de six millimètres d'épaisseur. Ils sont séchés puis teintés pour la même raison que les femmes mettent du rouge sur leur visage. Les gens préfèrent que j'aie l'air joli, et non d'une blancheur pâle. Ces tasseaux sont cirés et séchés à nouveau. Combien de talents sont entrés dans la fabrication des teintes et des séchoirs, dans la fourniture de la chaleur, de la lumière et de l'énergie, les courroies, les moteurs, et toutes les autres choses qu'une scierie nécessite ? Les balayeurs de la scierie parmi mes ancêtres ? Oui, et sont inclus les hommes qui versèrent le béton du barrage hydroélectrique de la Compagnie Pacifique du Gaz et de l’Électricité qui fournit l'énergie de la scierie !
Et n'oubliez pas les ancêtres présents et lointains qui ont contribué à transporter soixante chargements de tasseaux à travers le pays de Californie à Wilkes-Barre !
Machinerie compliquée
Une fois à l'usine de crayons – 4 000 000 $ de machines et de bâtiments, tout ce capital accumulé par l'économie et l'épargne de miens parents – chaque tasseau reçoit huit faces d'une machine complexe, après quoi une autre machine dépose une mine dans un tasseau sur deux, applique de la colle, et place un autre tasseau par-dessus – un sandwich au plomb, pour ainsi dire. Sept frères et moi sommes mécaniquement taillés dans ce sandwich de bois rendu solidaire.
Ma mine elle-même – qui ne contient pas de plomb – est complexe. Le graphite est extrait au Sri Lanka. Pensez à ces mineurs et à ceux qui réalisent leurs outils et les fabricants des sacs de papier dans lesquels le graphite est expédié et ceux qui font la ficelle qui noue les sacs et ceux qui les transportent à bord des navires et ceux qui bâtissent ces navires. Même les gardiens de phares sur la route ont aidé à ma naissance – et les pilotes dans les ports.
Le graphite est mélangé à de l'argile du Mississipi dans lequel raffinement duquel de l'hydroxyde d'ammonium est utilisé. Ensuite des agents hydratants sont ajoutés tels que du suif sulfonaté – de la graisse animale ayant subi une réaction chimique avec de l'acide sulfurique. Après être passé par de nombreuses machines, le mélange apparaît finalement comme une extrusion sans fin – comme d'une machine à saucisse – coupée à la bonne taille, séchée, et cuite pendant plusieurs heures à 1000 degrés Celsius. Pour accroître leur résistance et leur douceur les mines sont ensuite traitées avec une mixture chaude qui inclut de la cire de candelilla du Mexique, de la paraffine, et des graisses naturelles hydrogénées.
Mon cèdre reçoit six couches de laque. Connaissez-vous tous les ingrédients de la laque ? Qui penserait que les cultivateurs de ricin et les raffineurs d'huile de ricin y prennent part ? C'est le cas. Oui, même le processus par lequel la laque est rendue d'un jaune magnifique suppose les talents de plus de personnes qu'on ne peut dénombrer !
Observez le marquage. C'est un film formé par l'application de chaleur à du noir de charbon mélangé à des résines. Comment fabriquez-vous ces résines et qu'est, je vous prie, le noir de charbon ?
Mon morceau de métal – la férule – est de laiton. Pensez à toutes les personnes qui extraient le zinc et le cuivre et à ceux qui ont les compétences pour faire de laiton en feuilles brillantes à partir de ces produits de la nature. Ces anneaux noirs sur ma férule sont du nickel noir. Qu'est-ce que le nickel noir et comment est-il appliqué ? L'histoire complète de la raison pour laquelle le centre de ma férule ne reçoit pas pas de nickel noir prendrait des pages d'explication.
Ensuite, il y a ma couronne de gloire, inélégamment appelée dans le métier « la bonde », la partie que l'homme utilise pour effacer les erreurs qu'il a commises avec moi. Un ingrédient appelé « factice » est ce qui permet l'effacement. C'est un produit semblable à de la gomme obtenu en faisant réagir de l'huile de colza d'Indonésie avec du chlorure de soufre. La gomme, contrairement à l'idée répandue, est utilisée seulement pour lier. Puis, aussi, il y a de nombreux agents de vulcanisation et d'accélération. La pierre ponce vient d'Italie ; et le pigment qui donne à « la bonde » sa couleur est du sulfure de cadmium.
Quelqu'un veut relever le défi de ma précédente affirmation, selon laquelle pas une seule personne sur la face de cette terre ne sait me fabriquer ?
Personne ne sait
En fait, des millions d'être humains prennent part à ma création, dont aucun ne connaît même plus de quelques-uns des autres. Maintenant, vous pouvez dire que je vais trop loin en mettant en relation le cueilleur de graines de café au fin fond du Brésil et des cultivateurs ailleurs avec ma création ; c'est une position extrême. Je maintiens mon affirmation. Il n'y a pas une seule personne parmi ces millions, y compris le président de la compagnie des crayons, qui contribue plus d'un petit peu infinitésimal de savoir-faire. Du point de vue du savoir-faire la seule différence entre le mineur de graphite du Sri Lanka et le bûcheron en Oregon est le type de savoir-faire. On ne peut se dispenser ni du mineur ni du bûcheron, pas plus que du chimiste à l'usine ni de l'ouvrier dans le champ de pétrole – la paraffine étant un produit dérivé du pétrole.
Voici un fait étonnant : Ni l'ouvrier dans le champ de pétrole ni celui qui extrait le graphite ou l'argile ni celui qui manœuvre ou bâtit le navire ou les trains ou les camions ni celui qui opère la machine qui fait le moletage sur mon bout de métal ni le président de la compagnie n'accomplit sa tâche singulière parce qu'il me veut. Chacun me veut moins, peut-être, qu'un enfant du cours préparatoire. En effet, certains parmi cette vaste multitude n'ont jamais vu un crayon ni ne sauraient comme en utiliser un. Leur motivation est autre que moi. Peut-être est-ce quelque chose tel que ceci : Chacun de ces millions voit qu'il peut ainsi échanger son petit savoir-faire contre les biens et services dont il a besoin ou envie. Je puis être ou ne pas être parmi ces éléments.
Il y a un fait encore plus étonnant : L'absence de concepteur, de quelqu'un dictant ou dirigeant de manière contraignante ces innombrables actions qui m'appellent à l'existence. Nulle trace d'une telle personne ne peut être trouvée. À la place, nous trouvons la main invisible à l’œuvre. Ceci est le mystère auquel je me suis référé précédemment.
LA MAIN INVISIBLE
En dirigeant cette industrie de manière à ce que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu’à son propre gain ; en cela, comme dans beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions... Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler.
ADAM SMITH, La Richesse des Nations
On a dit que « seul Dieu peut faire un arbre ». Pourquoi sommes-nous d'accord avec ceci ? N'est-ce pas parce que nous nous rendons compte que nous-mêmes nous ne pourrions pas en faire un ? En effet, pouvons-nous même décrire un arbre ? Nous pouvons dire, par exemple, qu'une certaine configuration moléculaire se manifeste comme un arbre. Mais quel esprit parmi les hommes pourrait ne serait-ce qu'enregistrer, sans parler de diriger, les changements constants dans les molécules qui transpirent au cours de la vie d'un arbre ? Un tel exploit est totalement inimaginable !
Moi, crayon, suis une combinaison complexe de miracles : un arbre, du zinc, du cuivre, du graphite, et ainsi de suite. Mais à ces miracles qui se manifestent dans la Nature un miracle encore plus extraordinaire a été ajouté : la configuration d'énergies créatives humaines – des millions de petits savoir-faire se configurant naturellement et spontanément en réponse à la nécessité et à l'envie humaines et en l'absence d'une conception humaine ! Puisque seul Dieu peut faire un arbre, j'insiste que seul Dieu pouvait me faire. L'homme ne peut pas plus diriger ces millions de savoir-faire pour me faire exister qu'il ne peut assembler les molécules pour créer un arbre.
Ce qui précède est ce que je voulais dire en écrivant, « Si vous pouvez devenir conscient du miracle que je symbolise, vous pouvez aider à sauver la liberté que l'humanité est hélas en train de perdre ». Car, si on est conscient que ces savoir-faire vont naturellement, oui, automatiquement, s'arranger en motifs créatifs et productifs en réponse à la nécessité et à la demande humaines – c'est-à-dire, en l'absence de conception gouvernementale ou de toute autre conception contraignante – alors on possédera un ingrédient absolument essentiel de la liberté : une confiance dans les hommes libres. La liberté est impossible sans cette confiance.
Une fois que le gouvernement a eu le monopole d'une activité créative telle que, par exemple, le transport du courrier, la plupart des individus croit que le courrier ne pourrait pas être efficacement transporté par des hommes agissant librement. Et en voici la raison : Chacun reconnaît que lui-même ne sait pas comment faire toutes les choses impliquées par la remise du courrier. Il admet aussi que nul autre individu ne pourrait le faire. Ces affirmations sont exactes. Aucun individu ne possède assez de savoir-faire pour accomplir le transport du courrier d'une nation, pas plus qu'aucun individu ne possède assez de savoir-faire pour fabriquer un crayon. Alors, en l'absence de foi en l'homme libre – en l'absence de conscience que des millions de petits savoir-faire se formeraient naturellement et miraculeusement et coopéreraient pour satisfaire ce besoin – l'individu ne peut pas s'empêcher de parvenir à cette conclusion erronée que le courrier ne peut être délivré que par une planification gouvernementale.
Si moi, crayon, étais le seul élément qui pouvais porter témoignage de ce que les hommes accomplissent quand ils sont libres d'essayer, alors ceux qui ont peu de foi auraient des circonstances atténuantes. Toutefois, il y a une abondance de témoignage : il est tout autour de nous et à portée de tous. Le transport du courrier est excessivement simple quand on le compare, par exemple, à la fabrication d'une automobile ou d'une machine à calculer ou d'une moissonneuse-batteuse ou d'une fraiseuse ou de dizaines de milliers d'autres choses. Transport ? Oui, dans ce domaine, là où les hommes ont été laissés libres de se lancer, ils transportent la voix humaine autour du monde en moins d'une seconde ; ils transportent un événement visuellement et en mouvement à la demeure de n'importe quelle personne en direct ; ils transportent 150 passagers de Seattle à Baltimore en moins de quatre heures ; ils transportent du gaz du Texas à une cuisinière ou à un fourneau à New York à des prix incroyablement bas et sans subventions ; ils transportent chacun deux kilos de pétrole du golfe arabo-persique à la côte Est des États-Unis – la moitié du tour du monde – pour moins d'argent que le gouvernement ne demande pour le transport d'une lettre de trente grammes de l'autre côté de la rue !
La leçon qu'il m'incombe d'enseigner est celle-ci : Laissez toutes les énergies créatives sans inhibition. Organisez seulement la société pour qu'elle agisse en harmonie avec cette leçon. Laissez le système juridique de la société lever tous les obstacles du mieux qu'il peut. Permettez à ces savoir-faire créatifs s'écouler librement. Ayez confiance dans le fait que les hommes libres répondront à la Main Invisible. Cette confiance sera récompensée. Moi, crayon, simple en apparence quoique je sois, j'offre le miracle de ma création comme témoignage qu'il s'agit d'une confiance pragmatique, aussi réelle que le soleil, la pluie, le bois de cèdre, la terre ferme.
L’œuvre originale en anglais est dans le domaine public, aux États-Unis d'Amérique et en France. D'une part, elle a été publiée aux États-Unis avant 1964 et son copyright n'a pas été renouvelé ; elle est donc dans le domaine public aux États-Unis d'Amérique. D'autre part, aux termes de l'article L. 123-12 du code français de la propriété intellectuelle, « lorsque le pays d'origine de l'œuvre, au sens de l'acte de Paris de la convention de Berne, est un pays tiers à la Communauté européenne et que l'auteur n'est pas un ressortissant d'un État membre de la Communauté, la durée de protection est celle accordée dans le pays d'origine de l'œuvre sans que cette durée puisse excéder celle prévue à l'article L. 123-1 » ; en l'espèce, l'œuvre et l'auteur sont d'un pays tiers à l'Union européenne et la durée de protection de l'œuvre est échue dans le pays d'origine ; l'œuvre est donc dans le domaine public en France également. © M. Baronnet pour la traduction française. 
1 Mon nom officiel est « Mongol 482 ». Mes maints ingrédients sont assemblés, fabriqués, et finis par la Compagnie des Crayons Eberhard Faber, Wilkes-Barre, Pennsylvanie.
2 G. K. Chesterton.

2010-08-29

Aide à domicile

Si vous avez une femme de ménage en CESU, combien la payez-vous ? Merci de votre réponse !

2010-08-28

Exportations lorraines


Le savoir-faire lorrain s'exporte.

Lisez l'étude de l'INSEE sur les exportations lorraines au deuxième semestre 2010.

Pour s'abonner aux publications de l'INSEE sur la Lorraine, c'est ici.

2010-07-09

Extension du domaine de la lutte

La directive européenne de 1993 a allongé à 70 ans post mortem la durée des droits d'auteur, au lieu de 50 ans. 70 ans, c'est long. Supplice de Tantale...

2010-06-15

Revenus mensuels en France

Quelques chiffres :

Revenu :
Seuils de pauvreté de la Banque mondiale : 37,5 $ mensuels (1,25 $/j) et 60 $ mensuels (2 $/j)
Seuil absolu de pauvreté en France : inconnu
Seuil relatif de pauvreté en France (50 % du revenu médian) : 733 € pour une personne seule (1833 € pour un couple avec 2 enfants) en 2006
Décile inférieur : < 810 €
Seuil relatif de pauvreté en France (60 % du revenu médian) : 880 € pour une personne seule (2200 € pour un couple avec 2 enfants) en 2006
Revenu médian : 2302 € pour un ménage selon l'INSEE, 2007 (1500 € par personne)
Revenu moyen : 2758 € pour un ménage, selon l'INSEE, 2007
Décile supérieur : > 6247 € pour un couple avec 2 enfants (3000 € pour une personne seule)
Centile supérieur : > 14 783 € pour un couple avec 2 enfants (7000 € pour une personne seule)

Patrimoine :
Capital médian : 118 000 € par ménage (INSEE, 2004)
Décile supérieur : > 499 400 €
Seuil de déclaration de l'ISF : 790 000 €
Centile supérieur : > 3 millions d'euros